Géraud Portal & Etienne Déconfin ‘Brothers’ (Gaya Music Production) 5/5

portal-déconfinBassist Géraud Portal and pianist Etienne Déconfin are lifelong friends – raised in Bourges, central France. In 2013 they took a trip to New York and whilst staying in the home of legendary bassist Bill Lee, father of Spike Lee, met several young jazz musicians including saxophonists Lee Arnold and Ben Solomon and drummer Kush Abadey, all three being members of trumpeter Wallace Roney’s band. It was during this time that Portal and Déconfin, along with guest musicians, were inspired to make the album “Fort Greene Story”. Being born out of their stay in the heart of New York with the special atmosphere of the Fort Greene neighbourhood of Brooklyn, this was the catalyst for their latest release, “Brothers”. The French duo held a strong desire to continue writing and performing with drummer Abadey and saxophonist Solomon, and so started recording this album even before their French tour promoting “Fort Greene Story”. The starting point for each song on “Brothers” is, according to the composers, an emotion related to one or more persons utilising a will to use the music as a pure means of expression. And as the title suggests, there is a strong notion of fraternity and of sharing between musicians and listeners.

The album features 8 tracks, 6 of which are the trio of piano, bass and drums, with 2 adding the tenor saxophonist to make up the quartet. The music throughout this session has that rare quality to it of sounding old… yet new; a timelessness about it that evokes memories of John Coltrane and McCoy Tyner whilst at the same time bridging the gap between the United States of America and Europe, with its ECM-like feel from the 70’s and 80’s. All rounded off with a modern, confident, free-flowing originality that suggest there will be much more to come from these exciting musicians.

“Brothers” kicks off with the trio raging; full steam ahead on the opener “Lumberjack Song”. At first there doesn’t appear to be too much subtlety on the face of it here, but then when listening more attentively one can hear the incredible interplay between bassist Portal and drummer Abadey which in turn allows Déconfin to lead with his piano in such a bright and uninhibited manner. Tenor saxophonist Ben Solomon joins the party for one of the outstanding tracks of the album; “Ben’s Mode”. This is truly a killer tune, one of the best I’ve heard this year. Solomon’s modal playing sounds like a John Coltrane meets Charles Lloyd hybrid, adding both subtlety and power to this incredible composition. But it’s the emotion in the quartet’s performance that stands out above all else; mesmerising music written and played with such emotional power is rare, and it’s here for all to enjoy. The rhythmic qualities to “Blues for Kush” are startling. An initial blues based melody turns into a hard-driving drum and bass led groove that evokes 60’s Blue Note at its best. There’s a change of pace on the title track “Brothers” as the trio shine a light on their friendship, with Déconfin now showing a lightness of touch on the piano that is both soothing and memorable. “Sister Romane” provides us with a classic trio piece, well thought-out and written, once again the threesome performing with a rich virtuosity. The languorous melodies of “Maelle” are a walk upon the borders of a lost love. Touching and thoughtful. If I had picked up the sleeve notes and read that Keith Jarrett had written the tune “Elise” it really would not have been a surprise. This is one of the most perfectly written jazz tunes I have had the pleasure of listening to in a long time. The initial theme develops into a more playful piece; a-la Jarrett and co circa mid 70’s. The bass is simply beautiful, the drums are exquisite and the piano playing is stunning. Every lover of music needs to hear this wonderfully impressive tune. And so, all too soon, we come to the final track, “Goodbye Abraham”. Saxophonist Solomon once again joins the trio for this hymn-like exploration into spirituality. Fully immersed in the golden age of jazz, this tune is played out like a liberating prayer. A fitting end to a wonderful album.

If I had one minor gripe about “Brothers” it would be that I would have liked to hear more of Ben Solomon’s sax playing. 2 tracks just isn’t enough… but hey, that’s just me being greedy. I can’t fault the emotion, the attitude, the skill and the delivery of this set of tunes, I just want to hear more!

Mike Gates

Le bassiste Portail Géraud et le pianiste Etienne Déconfin sont amis de grande date – ils ont grandi à Bourges, au centre de la France. En 2013, ils sont partis à New York, habitant dans la maison du légendaire bassiste Bill Lee (le père de Spike Lee), où ils ont rencontré plusieurs jeunes musiciens de jazz, dont les saxophonistes Lee Arnold et Ben Salomon, et le batteur Kush Abadey, tous les trois étant membres du groupe du trompettiste Wallace Roney. C’est alors que Portal et Déconfin, avec des musiciens invités, furent inspirés à faire l’album “Fort Greene Story”. Inspiré par leur séjour dans le coeur de New York, avec l’atmosphère particulière du quartier de Fort Greene de Brooklyn, ce fut le catalyseur de leur dernier disque, “Brothers”. Le duo français eut un grand désir de continuer à écrire et jouer avec le batteur et le saxophoniste Abadey Salomon, et ainsi commence l’enregistrement de cet album avant leur tournée française de promotion “Fort Greene Story”. Le point de départ pour chaque chanson sur “Brothers” est, selon les compositeurs, une émotion liée à une ou plusieurs personnes, avec une volonté d’utiliser la musique comme un pur moyen d’expression. Et comme le suggère le titre, il y a une forte notion de fraternité et de partage entre les musiciens et les auditeurs.

L’album contient huit morceaux, dont six avec le trio piano, basse et batterie, et deux avec l’addition du saxophoniste tenor. Durant toute cette session, la musique a cette qualité rare de paraître ancienne … bien que nouvelle, une intemporalité qui évoque des souvenirs de John Coltrane et McCoy Tyner. En même temps, elle comble le fossé entre les USA et l’Europe, avec son touché de l’ECM comme dans les années 70 et 80. Arrondie avec une originalité sure et écoulement libre moderne, ces morceaux suggèrent qu’il y aura beaucoup plus à attendre de ces musiciens passionnants.

“Brothers” démarre avec le trio enragé à pleine vapeur avec «Lumberjack Song”. Dans un premier temps il ne semble pas y avoir trop de subtilité, mais en écoutant plus attentivement, on peut entendre l’incroyable interaction entre le bassiste Portail et le batteur Abadey qui à son tour permet à Déconfin de mener son piano d’une manière claire et décomplexée. Le saxophoniste ténor Ben Salomon rejoint la bande pour l’un des titres phares de l’album, “Mode de Ben”. C’est vraiment un ‘killer track’, l’un des meilleurs que j’ai entendu cette année. Le jeu modal de Salomon ressemble à un hybride de John Coltrane rencontrant Charles Lloyd, ajoutant à la fois finesse et puissance dans cette incroyable composition. Mais c’est l’émotion dans la performance du quatuor qui se distingue par-dessus tout, avec une musique envoûtante écrite et jouée avec une telle puissance émotionnelle qui est rare, pour le plaisir de tous. Les qualités rythmiques du “Blues for Kush” sont surprenantes. Une mélodie initiale à base de blues se transforme en un ‘drum and bass’ qui évoque les meilleurs de Blue Note des années 60. Il y a un changement de rythme sur le morceau titre “Brothers” où le trio fait briller leur amitié, avec Déconfin montrant désormais une légèreté de touche sur le piano qui est à la fois apaisant et mémorable. “Soeur Romane” nous offre un morceau classique, bien pensé et écrit, le trio jouant une fois de plus avec une riche virtuosité. Les mélodies langoureuses de “Maelle” sont une promenade sur les bords d’un amour perdu. Emouvant et réfléchi. Si j’avais regardé les notes de pochette et lu que Keith Jarrett avait écrit la chanson “Elise” celà n’aurait pas vraiment été une surprise. C’est un des airs de jazz le plus parfaitement écrit que j’ai eu le plaisir d’écouter depuis longtemps. Le thème initial se développe en un morceau plus ludique à la Jarrett et compagnie au milieu des années 70. La basse est tout simplement magnifique, la batterie est exquise et la lecture du piano est superbe. Tous les amoureux de musique devraient écouter cette mélodie merveilleusement impressionnante. Et donc, bien trop tôt, nous arrivons au dernier morceau, “Goodbye Abraham”. Le saxophoniste Salomon rejoint une fois de plus le trio pour cette exploration comme un hymne spirituel. Complètement immergé dans l’âge d’or du jazz, cette musique est jouée comme une prière libératrice. Un final de choix à un merveilleux album.

Si je devais faire un petit reproche à propos de “Brothers”, ce serait que j’aurais aimé entendre plus de saxo de Ben Salomon. Deux morceaux ne suffisent pas … mais bon, je suis trop gourmand. Je ne peux faire aucun reproche à l’émotion, l’attitude, l’habileté et le joué de cet ensemble, je voudrais seulenent en entendre plus!

LES CONCERTS
2 octobre – Baton Rouge Jazz O’Bar, Granville
3 octobre – Jazz à Caen Minifest, Caen
7 octobre – Théâtre Jacques Coeur, Bourges
8 octobre : Hot Club de Lyon, Lyon
10 octobre – Jazz en Revermont, Cuisia
11 octobre – 26.2 à Chabeuil, Chabeuil
13 octobre – Le Troquet de Marette, Châteaudouble
14 octobre – Jazz à Nas, Grozon
16 octobre – Salle Laure Ecard, Nice
17 octobre – Jazz au Caveau, Caunes minervois